N. Beretti : « Je n’ai pas de passion et je le vis bien »

Entrepreneur, auteur et speaker français, Nicolas est fondateur du studio d’innovation BrainsWatt qui accompagne les grands groupes et PME dans leurs stratégies d’innovation et de transformation digitale. Il est régulièrement invité comme conférencier en France ou à l’étranger pour de grandes entreprises. Il était sur la scène du TEDxCelsa le 29 septembre 2016. Rencontre.

Vous avez déjà écouté ce fameux conseil de vie ? : « trouve ta passion », « suis ta passion ». C’est inspirant, surtout lorsque c’est Steve Jobs qui le dit. Pour Nicolas, « c’est l’un des conseils les plus stupides qui soit. C’est un piège qui peut vous enfermer très facilement, et vous conduire à un deuxième piège…confondre réussite et prestige. » Il donne des clés à ceux qui cherchent à réussir leur vie sans passion. Il les invite à regarder les choses autrement, avec optimisme. Parce que oui ! réussir sa vie sans passion n’est pas un leurre. 

captureComment fait-on pour réussir sa vie sans passion ?

Pour faire court, je dirais qu’il faut éteindre le gros Néon artificiel du Prestige qui vous aveugle et vous empêche de voir la vôtre, de lumière. Pourtant, je crois que c’est elle qui compte vraiment. Elle, elle brille de l’intérieur, et il me semble que c’est ce que vous avez de plus beau à offrir au monde.

Et puis, je crois qu’il faut éviter l’ennui (je parle de l’ennui structurel, pas de s’ennuyer 1 heure ou 2 de temps en temps). C’est du pur gaspillage de ce temps si précieux. En plus ça éteint votre flamme…

L’inverse de l’ennui, c’est ce que les anglais appellent le Flow. C’est la meilleure utilisation que vous pouvez faire de votre Stock de Temps. Vous savez, le flow, c’est cet état d’intense concentration, où quoiqu’on fasse on est complètement absorbé, on perd la notion du temps. Votre esprit et votre âme sont complètement alignés et travaillent ensemble.

C’est un sentiment merveilleux que vous connaissez bien, parce que vous l’avez déjà expérimenté à de nombreuses reprises.  Vous savez quand ? Lorsque vous étiez enfant.

 

Selon vous, un bon communicant doit-il être optimiste ?
Non, pas du tout. Si le message est foncièrement négatif mais qu’il est véritable, il ne faut pas le maquiller en optimisme. Pour moi, le rôle d’un bon communicant est avant tout de faire passer un message, de se faire comprendre pour ensuite susciter une action, quelle qu’elle soit.

Manque-t-il quelque chose aux communicants dans la pratique de leur métier aujourd’hui ?
Oui, il leur manque le « why ». Je m’explique. Lorsque l’on communique, on a tendance à parler du « what », c’est-à-dire de ce que l’on fait. Mais ce n’est pas l’essentiel ! Ce qui importe, c’est le « why », la raison pour laquelle on le fait, puis le « how », la manière dont on le fait. Simon Sinek l’expliquait très bien dans son TED « Start with why ». Si tout le monde agissait de cette manière, il n’y aurait plus besoin d’école de communication, car tout serait dit ! L’homme n’a jamais cessé de se poser la question « pourquoi », et dès le plus jeune âge. Nous sommes tous des enfants dans des costumes d’adultes, et donner une réponse à cette question « pourquoi », c’est mettre du sens dans sa vie, dans son métier, dans sa communication.

Selon vous, quelle est la valeur ajoutée des conférences TEDx ? Pourquoi rencontrent-elles un tel succès ?
Je pense que ce succès s’explique dans un premier temps par la qualité des speakers qui participent à ces conférences. Ensuite, je dirais que cela vient du format extrêmement bref qu’elles imposent. Car lorsque c’est trop simple, on reste à la surface des choses. En revanche, si l’on veut dire quelque chose de consistant dans un temps très court, il faut aller chercher très loin au fond de ses tripes, et c’est peut-être cela que les gens viennent chercher. Cela rejoint d’ailleurs l’idée de quête de sens. On s’identifie plus facilement à quelqu’un qui nous raconte une histoire vécue plutôt qu’à une théorie. Une conférence TED est une forme d’autobiographie sur scène, en direct.

Pour en savoir + : @Nicolas BerretiBrainswatt